Comment conseillez-vous de le croiser ?
Pour le moment, il a l’air de faire des poulains un peu sur son moule, c’est-à-dire en montant comme lui. Des Hollywood en miniature. J’ai mis trois juments qui sont différentes. Par rapport à leur précédents poulains, ceux d’Hollywood sont parmi les plus beaux poulains. Les trois ont beaucoup de similitudes. Ils ont tous de jolies têtes, avec une belle sortie de couleurs et fait en montant. C’est ce qui me marque le plus parce qu’à la base, je n’avais pas une lignée comme ça. Donc, c’est certainement à force d’essayer d’améliorer. Si on prenait mon premier poulain, qui était Diabolo. C’était une force de la nature, mais il était emporté tout le temps par son arrière-main, il avait une très mauvaise bouche. C’était le crack des cracks. Mais il avait un équilibre fait en descendance. Hollywood a une bonne bouche avec un bon équilibre, ce que je n’avais pas avant. Donc, je pense qu’il va être facile. Pour moi, je le vois très classique. Il donne aussi de la taille aux petites juments. Pour le moment, quand il est croisé avec de grandes juments, il n’agrandit pas encore plus la taille. On va forcément avoir un cheval qui est grand, mais ça ne va pas être encore plus grand.
Je ne sais pas si ce sera un super compétiteur, mais je sais aussi que c’est quand même difficile d’atteindre le très, très haut niveau. On croit que c’est facile, parce qu’il y en a beaucoup maintenant, mais c’est quand même quelque chose qui relève de l’exceptionnel. Il ne faut pas l’oublier. Des chevaux pour sauter à 1,50 mètre, je ne vais pas dire qu’on en a à tous les coins de rue, mais on peut quand même en avoir beaucoup maintenant. Pour sauter au-dessus, c’est nettement plus dur. En plus, les cavaliers maintenant vont très vite. Les chevaux vont très vite. Est-ce que le cheval arrivera à faire ça ? Je n’en sais rien. Je l’espère, mais honnêtement, je ne sais pas. C’est très, très difficile. Par contre, je pense vraiment qu’en tant que reproducteur, il va apporter quelque chose.
Avoir un étalon, c’est quelque chose qui a l’air de vous tenir à cœur.
Je vais vous dire une chose. Diabolo, on m’a empêché qu’il le soit, parce qu’à l’époque, c’était jugé différemment. Je n’ai été qu’une petite parisienne qui n’y connaissait rien. Amateur donc. Nous, les femmes, on est quand même dans un milieu qui est un peu misogyne. Il ne faut pas exagérer. En tant que femme éleveuse, j’ai bien vu que, parfois, on me regardait de travers. Maintenant, avec le temps, c’est un petit peu différent. Au début, quand je parlais de mes chevaux, on ne prenait pas au sérieux parce que je ne suis pas issue d’une famille d’éleveurs. Seulement, maintenant, on voit les chevaux “du Park”, qui sortent, qui sortent. À l’époque, on m’avait empêché de garder Diabolo entier. C’était jugé, pour moi qui étais jeune, par de vieux messieurs de la SHF. Ils avaient osé rigoler, parce que le saut en liberté n’était pas quelque chose d’obligatoire à cette époque-là. Je savais bien que mon cheval n’était pas grand. Il ne faisait qu’1,62 m. Il avait une énorme foulée de galop. Il était beau cheval mais ce n’était pas une gravure non plus. Je m’attendais à ce qu’il soit qualifié pour Saint-Lô. À l’époque, on m’avait ri au nez, en me disant qu’on allait m’éviter un voyage fastidieux, d’emmener mon cheval à Saint-Lô, parce que celui-là, vu comment il était foutu, ça les étonnerait bien qu’il saute…
Hollywood. Ce n’est pas forcément le cheval auquel je pensais au départ, parce que je m’étais un peu retirée de la tête le rêve d’avoir un étalon. Je suis une femme et j’aime bien m’occuper un peu de tout chez moi. Je ne peux pas me permettre, pour des raisons de sécurité avant tout pour moi-même, de garder des entiers qui seraient dangereux à la maison. Il faut qu’ils aient bon caractère. Donc, Hollywood correspondait. Il chante un peu, mais c’est un gentil cheval. À quatre ans, j’ai été obligée de lui faire faire la finale pour le faire approuver, parce qu’il n’avait pas été approuvé à trois ans. Comme je connaissais la qualité et que j’étais un peu têtue, j’ai fait tout le circuit à contrecœur. D’ailleurs, il ne sautait qu’en concours, parce que je ne voulais pas l’user. Il est allé à la finale et il a été approuvé.
Entre la fin de sa saison de 6 ans et le début de sa saison de 7 ans, il a fait une grande pause.
Oui. À la finale des six ans, il ne s’est pas très bien présenté. Il a fait une bêtise d’entier, il a fait l’idiot au box. Le lendemain, il n’était pas complètement droit. Il est allé à la finale. Ça allait mieux, mais ce n’était pas parfait. C’est la vie, mais c’est vrai qu’il n’avait pas sauté comme il aurait dû sauter. Après, il est parti à la récolte et il a recommencé les concours fin mars. Là, j’aimerais bien qu’il fasse la finale des sept ans, s’il pouvait. Maintenant, le but, c’est qu’il fasse de belles épreuves. Même s’il est encore trop bébé et pas assez mûr, je pense qu’il a de la force. Il faut qu’il arrive à s’économiser un peu plus si on veut que les chevaux vieillissent. C’est joli, les chevaux qui pètent en l’air dans tous les sens, mais malgré tout, il faut qu’ils apprennent parfois à s’économiser. Pour le moment, Bruno Rocuet le gère très bien. On fait en fonction du rythme du cheval, mais pas en fonction d’un calendrier.