Clément Frerejacques nous parle de son prometteur 7 ans, Hermès des Monts 

Clément Frerejacques nous parle de son prometteur 7 ans, Hermès des Monts 

Parmi les chevaux sans faute dans le CSIYH 7 ans du Printemps des Sports Equestres de Fontainebleau, Hermès des Monts (Upsilon x Doria du Chatellier x Tresor) a particulièrement attiré mon attention. Tout semblait vraiment facile pour ce cheval, que je ne connaissais pas jusque-là. J’ai donc demandé à son cavalier, Clément Frerejacques, de m’en dire plus sur Hermès. 

Quelle est votre histoire avec Hermès ? 

C’est mon père qui l’a trouvé : il fait un peu de commerce, et il l’a trouvé quand il avait trois ans. Je l’ai acheté avec un ami et mon lui. Il sautait très bien en liberté. Après, il avait beaucoup de caractère et était très difficile. Pendant un an et demi, je ne l’ai pas emmené au concours parce qu’il était vraiment trop compliqué. J’ai pris mon temps. Je n’ai même pas fait les cycles classiques. Il a fait des préparatoires jusqu’à ses six ans. À six ans, il a fait des épreuves à 1,15m puis à 1,20m. En début d’année, il a débuté les 1,25m et là, je le sentais prêt. Il y a quinze jours, il a fait les 7 ans à Cluny, puis je l’ai emmené ici pour qu’il prenne du métier. Le premier jour, il a fait quatre points. Il était un peu timide sur le petit parquet. Le lendemain, il est sans-faute. J’ai pris des points de temps parce que c’était une vitesse, mais je voulais qu’il soit bien. Et aujourd’hui, il était parfait.

En plus, pour un cheval avec peu de métier, c’est une piste impressionnante !

Oui, mais il a des qualités intrinsèques qui sont extraordinaires. Il est bien dans sa tête, respectueux, il a des moyens. Il faut juste arriver à le canaliser. 

Quand on le voit faire un parcours comme ça, on ne voit pas trop ce qui peut lui poser un problème.

Il a la souplesse, l’intelligence et une super tête. Il est juste très sensible et très inquiet pour l’instant, mais il progresse magnifiquement.

On voit de plus en plus de produits d’Upsilon qui se font remarquer sur de belles épreuves.

Oui. J’ai aussi Filante des Caulins, une bonne jument de 9 ans par Uspilon dans le CSI2*. Elle fait très bien les 1,45m et est semblable à Hermès. Très sensible, mais par contre très respectueuse, des moyens et une tête fantastique. 

Quels sont les objectifs avec Hermès ? 

C’est de le former. J’aimerais pouvoir le conserver. C’est un super cheval et l’histoire est belle. Je pense que je n’ai jamais monté un cheval qui a des qualités comme celui-là. Dessus, tout est facile. La route est longue pour faire du haut niveau. Il y a encore beaucoup d’étapes. Mais j’aimerais pouvoir l’y emmener gentiment, progressivement. Je ne suis pas pressé. On passera chaque étape quand il sera prêt.

Pour finir, un concours comme ce concours aujourd’hui, qui regroupe CSI2*, CSI5*, CSIYH, Championnat de France… Qu’est-ce que cela apporte d’y participer ?

Pour les cavaliers comme moi, qui tournent en 2*, cela apporte de l’expérience parce qu’on court sur des pistes qui sont fantastiques, avec des chefs de piste qui sont très bons. On se bat contre d’autres cavaliers qui sont très forts. On n’a pas l’habitude de ce niveau dans concours les jeunes chevaux et les CSI2* habituels. C’est génial. C’est une super expérience et ça permet de voir où on en est. Ça fait passer des caps aux chevaux, mais aussi à nous, cavaliers. Je suis en Rhône-Alpes. C’est une région où on a des super concours comme Mâcon, Cluny ou encore Vichy. Mais c’est vrai qu’Ici, on voit une concurrence différente et des parcours différents. Ça permet de prendre de l’expérience, c’est extraordinaire.

Christian Hermon nous parle de l’étalon de 7 ans Honduras La Silla

Christian Hermon nous parle de l’étalon de 7 ans Honduras La Silla

Honduras La Silla est un étalon dont la qualité m’avait frappé l’année dernière, lors de sa présentation au salon des étalons de Saint-Lô. Il montrait toutes les qualités que l’on cherche chez un cheval de concours : force, passage de dos, respect et mental.

Quand on regarde du côté de ses origines, on découvre qu’en plus d’être un fils de Mylord Carthago, il est issu d’une très bonne souche. Sa mère Concordia la Silla (qui a tourné en CSI jusqu’à 1,55m) est la propre soeur de l’étalon Diarado, mais également la soeur utérine de de Fortender  (1,60m), de C-Jay 3 (1,60m) et de Scuderia 1918 Humphreys (CCI4*). Dans la souche maternelle, on trouve de nombreux performers 1,50m à 1,60m, dont les étalons Corofino I et Corofino II.

Tant au niveau des qualités sportives que de ses origines, il n’a rien à envier à beaucoup d’étalons dont on parle plus uniquement parce qu’ils sont distribués par de gros étalonniers.

Christian Hermon, qui représente le Haras La Silla depuis longtemps en France, nous en dit plus sur Honduras. 

Quelle est son histoire ?

Il est issu d’une jument de l’élevage La Silla. On travaille depuis un moment avec Pierre Valette de l’élevage d’Aubigny. Quand les chevaux nous semblent intéressants à 3 ans, on les récupère.  À 3 ans, il remporte la  qualificative des étalons Selle Français de Chazey sur Ain et se classe 10ème du Championnat des étalons Selle Français de Saint-Lô. Ensuite, il a fait 45 juments, en frais chez Pierre Valette. 

Quel a été son parcours dans les épreuves jeunes chevaux ? 

À 4 ans, il a participé à la finale à Fontainebleau où il fait 0 et 4 pts, mais il n’avait fait que des sans faute avant.  À 5 et 6 ans, pareil, 0 + 4 à la finale, mais il a fait chaque année beaucoup de sans faute avant. Cet hiver il s’est donné un coup sur la corde jarret, donc il a été un petit peu arrêté. Mais là, il a repris les concours. Il est 9ème du GP 1,30 hier à Canteleu et on attaque les 7 ans à Saint-Lô la semaine prochaine. 

Quels sont ses points forts pour toi ? 

C’est un cheval qui a une super tête, qui est très souple et très puissant. Il est très facile, a un bon équilibre et peut tout sauter. Dans les moyens, il est hors normes. 

L’objectif, c’est le haut niveau ? 

Oui. Dans un premier temps, c’est de le faire évoluer encore. Peut-être qu’on verra si on ne le vend pas plus tard. Mais en tout cas, c’est de le développer encore un peu. C’est un cheval que je vois bien faire de très gros concours. 


La carrière d’étalons, c’est quelque chose d’important pour vous ? 

Non. C’est tellement difficile. Le problème, c’est que maintenant, il faut faire beaucoup de marketing. À 3 ans, il a fait pas mal de juments parce qu’il était en frais. Maintenant pour nous la priorité c’est le sport, donc il ne fait que du congelé, du coup, cela intéresse un peu moins les gens. Surtout qu’à l’étranger, ils vont beaucoup plus aux jeunes chevaux, à la jeune génétique. En France, on a encore du mal. On a quelques poulains qui sont très bien. On est très contents de sa production. Ils sont très beaux. 

En plus, il a une super souche ! 

Oui. Sa mère a été compétitive sur de belles épreuves et c’est la propre sœur de la mère de Diarado. Et c’est une top souche. Le problème c’est que beaucoup d’éleveurs vont plus utiliser des étalons qu’ils voient à la télé, que de s’intéresser aux jeunes chevaux même avec de la qualité et une super souche.

C’est un jeune cheval qui sort quand même vraiment du lot je trouve. 

Au niveau génétique, il sort du lot et au niveau de la qualité, je pense qu’il sort également du lot. On verra s’il ne lui arrive rien, mais à mon avis, à la finale de sept ans, il peut vraiment être très, très bien. 

Comment conseilles-tu de le croiser ?

Il n’est pas très grand. Il fait 1,65m. Donc je pense qu’il ne faut pas lui mettre de trop petites juments. Il a du sang, mais c’est un sang assez froid. Je pense qu’il vaut mieux lui mettre un peu de sang, que pas du tout. 

Au niveau des conditions, il reste très raisonnable dans le tarif avec une réservation à 300 € + 750 € au poulain vivant (contrat disponible sur le site du Haras d’Aubigny). 

On ne compte pas là-dessus pour gagner de l’argent. Mais on aimerait qu’il fasse assez de juments pour pouvoir le juger assez tôt en tant qu’étalon.

Francis Clément nous parle de son étalon de 7 ans Hugo d’Authou

Francis Clément nous parle de son étalon de 7 ans Hugo d’Authou

Parmi les étalons de 7 ans que nous apprécions particulièrement, on retrouve le très prometteur Hugo d’Authou. Ce fils d’Upsilon et de Célimène d’Authou (par Kannan) appartenant à Francis Clément impressionne par la facilité qu’il montre à chacune de ses sorties.

Francis Clément nous en dit plus sur Hugo, neveu de Baladin d’Authou avec lequel il a participé à des épreuves à 1,50m. Pendant plusieurs années, Francis Clément et Maurice Sicot ont travaillé en tant que co-propriétaires et co-naisseurs d’un certain nombre de chevaux, dont Baladin et Hugo.

Pourquoi avoir choisi Upsilon comme étalon pour Célimène d’Authou ?

À l’époque, je montais en complet. Upsilon, c’est un cheval qui aurait pu faire carrière en CSO à haut niveau. Il avait toutes les qualités et tout ce qui nous manquait un tout petit peu dans ce qu’on avait fait en élevage avec Maurice, notamment les courants de sang pur-sang et anglo. Upsilon était un bon moyen de ramener de l’anglo.

Quand on le regarde évoluer en piste, il a vraiment l’air naturellement doué.

Il est naturellement doué. Tout est facile pour lui !

Même dans les 7 ans, on voit que rien ne lui pose problème pour le moment.

Non. Il a les oreilles en avant et il fait vraiment ça très bien. J’ai dû m’arrêter quelques mois et je ne voulais pas qu’il prenne trop de retard dans les 7 ans, parce qu’il y a un gros palier à passer à cette période-là. Donc c’est Alexa Hinard qui le sort depuis début mars. Elle ne le connaissait pas avant et m’a dit que c’est un bonheur de monter un cheval comme lui.

Quelles sont ses plus grosses qualités pour toi ?

Son mental ! Est-ce que son mental va avec son physique ? Oui, je pense. Comme il est très doué et que rien ne lui demande d’effort, c’est facile, ça l’amuse, et donc il garde son mental. Il a un physique irréprochable. Il a une belle sortie d’encolure, des aplombs parfaits et un dos bien attaché. Il est très souple. Toutes ses qualités physiques font peut-être qu’il a un mental exceptionnel. Comme ça ne lui coûte pas de faire, c’est un cheval joyeux.

Quels sont les objectifs avec lui ? Te faire plaisir sur de belles épreuves ?

Oui. Je pense que ce sera mon dernier et que je raccrocherai les bottes après. On me le demande régulièrement, mais il n’est pas à vendre.

C’est un cheval avec qui tu as pris le temps.

Oui, j’ai été patient. Il a fait une belle saison de 4 ans. À 5 ans, je l’ai un peu perdu. Il a dû grandir. Il a fait une saison en demi-teinte et j’ai même arrêté assez vite les qualifs. Puis il a parfaitement redémarré à 6 ans en étant tout le temps sans faute. Au début, je ne savais pas vraiment quels seraient ses moyens, mais j’étais convaincu que ce qu’il allait faire, il le ferait très bien. À aucun moment je n’ai eu envie de lui mettre gros pour voir ce qu’il pouvait sauter. Il faut préserver son mental.

Parlons un peu de sa carrière d’étalon. Tu as déjà une pouliche avec une mère par Casall. Comment est-ce tu la trouves ? 

Elle est magnifique. Elle est grande. Apparemment, il produit quand même assez grand d’après les retours que j’ai eu sur les poulains qui sont nés l’année dernière.

Comment conseillerais-tu de le croiser ?

Tout lui va. Aussi bien des juments chaudes que des juments qui manquent de sang. Sincèrement, je pense qu’il est très, très, très améliorateur.

En plus, on peut souligner qu’il est approuvé SF et AA et qu’il est distribué par le Haras de Gravelotte à un tarif très accessible (200 € HT à la réservation + 400 € HT à la naissance, garantie poulain vivant + 160 € pour le transport des doses congelées) !

Comme il n’a pas les grandes origines à la mode, je me suis dit que de toute manière, si je le mettais à un prix plus élevé, personne ne franchirait le pas. Je n’en fais pas une affaire d’argent. Donc s’il y a des éleveurs qui veulent tenter l’aventure, au contraire, je veux les aider en le rendant accessible. J’y crois vraiment beaucoup. Je suis tellement content de ma pouliche que j’ai remis Hugo à ma Casall.

Comment est-il au niveau du caractère ?

C’est vraiment un cheval extraordinaire, c’est presque un ami. Tu le donnes à un gamin de huit ans, il va traverser l’écurie en marchant tout doucement. On soucie même pas de savoir qu’il est entier. Quand on va en concours, dans les boxes, il frime dix minutes, puis après, c’est terminé.

C’est une belle histoire d’être co-naisseur de chevaux que tu gardes pour toi.

Je n’ai jamais été bon pour acheter. Je pense que la réussite d’un cheval, c’est dès sa naissance. Ça dépend des premiers contacts qu’il a avec l’humain, de la manière dont il est élevé, dont il est débourré, dont on le sort en concours, etc… C’est tout ça. Quand on achète un 7 ou 8 ans, on ne connaît pas son passif, si ça a été difficile ou pas, s’il a été préparé ou pas, etc… Je pense que je suis meilleur éleveur qu’acheteur.

Max Thirouin nous parle de son étalon de 7 ans, Chavez Z

Max Thirouin nous parle de son étalon de 7 ans, Chavez Z

Chavez Z fait partie des étalons qui ont fait particulièrement parler d’eux il y a quelques semaines au salon des étalons de St Lô. Ce fils de Cicero avec une mère par Chellano a beaucoup de choses pour lui. Il confirme toutes ses qualités à chaque concours et vient de prendre une belle 3ème place dans le Grand Prix des 7 ans du CSI du Mans. Max Thirouin, son cavalier et propriétaire, nous parle de ce cheval dans lequel il croit beaucoup. 

C’est toi qui a débuté Chavez dès ses 3 ans. Peux-tu nous raconter son histoire ? Comment l’as-tu découvert et acheté ?

Si je remonte au tout début, c’est grâce à Marie-Solange Ewald, qui m’a dit qu’il fallait que j’achète des jeunes chevaux. J’en ai acheté un qui s’appelait Ballisto. C’était un Cicero Z. J’avais dit à la personne qui me l’avait trouvée de m’appeler quand il en aurait un autre. Il en trouve un autre et me dit de venir le voir tout de suite parce qu’il n’allait pas rester longtemps. J’y vais tout de suite, et c’était Jewel de Kwakenbeek. C’est un cheval que j’ai emmené en 1,60m et qui a été vendu aux États-Unis. Du coup, un copain me fait remarquer que j’aime bien les Cicero et qu’il en a vu un de 3 ans à vendre aux enchères sur ET-Auction. Il me demande ce que j’en pense, et comme je l’aimais bien, je lui dis qu’il peut monter jusqu’à 25 000 €. Les enchères ont augmenté vite pendant les dernières minutes, mais il a réussi à l’avoir. Il est arrivé chez moi dans un état horrible. Le transporteur avait dû faire beaucoup de km je crois. Je le retape, puis au bout de 15 jours, comme il avait l’air mieux, je le mets à la longe et là, on lui fait faire 4 sauts, et le 4ème saut … Voilà :

Qu’est-ce que tu as particulièrement aimé chez lui dès le début ? 

Qu’il aime sauter. 

D’extérieur, il peut paraître un peu tardif. Tu prends vraiment ton temps avec lui. 

Jeune, il sautait trop fort. Je travaille avec Bertrand de Bellabre. Il m’a dit : celui-là, il faut vraiment que tu le caches et que tu lui apprennes à sauter moins fort. Donc, j’ai fait tout l’hiver juste sur des cavalettis. Après, il sautait un peu moins fort. Ensuite, il a fait toute son année de six ans, sans en mettre plein la vue, mais en étant tout le temps sans faute. Début 2024, je l’ai confié quelques jours à Stéphane Dufour pour qu’il le présente au salon des étalons de St Lô, parce que je ne pouvais pas y être. J’aimerais qu’il ait quelques poulains sur ses premières années. 

Quelles sont pour toi ses qualités les plus importantes en tant qu’étalon ?

Il est hyper sport et il n’a aucun facteur limitant ! Il est très gentil, mais il a quand même du caractère. Il est chaud, mais est quand même facile à canaliser. Il a de la force, mais il n’est pas lourd. C’est un cheval hyper souple, hyper élastique et il a un vrai tremplin sous les pâtes. Il n’a pas vraiment des points très forts très marqués comme on voit chez certains étalons, qui ont aussi des défauts. Mais lui, il n’a aucun vrai défaut.

Il est 3ème du GP des 7 ans du CSI du Mans. On voit qu’il fait ça facilement et sans aucune pression.

Il se balade et il aime ça. Le dernier virage n’était pas facile. Il y en a plein qui ont fait des fautes. Mais lui, “Pas de problème, accroche toi !”

Quand on le regarde, il est tellement calme qu’il peut paraître un peu un peu “mono vitesse”. Mais c’est peut-être une impression.

Oui, parce que je pense que, quand je vais commencer à l’entreprendre un peu plus, le sang va ressortir. Parce qu’il a du sang à la maison. Je le sors toujours assez longtemps.

L’objectif avec lui, c’est le sport ? 

Vendre des sailles, c’est un peu une “assurance”. Parce qu’avec les chevaux, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Mais oui, dans ma tête, je suis encore cavalier et j’ai envie de performer. C’est ce que je dis à mes copains. Tant que je vois Bosty et Philippe monter au niveau, je continue. Quand ils arrêteront, je commencerai à réfléchir.

Ses premiers poulains sont nés en 2023. Comment sont-ils ?

Ceux que j’ai vu sont très beaux. Mais comme il a bien travaillé l’année de son approbation à Z en 2022, puis n’a fait que Utopie en 2023, je n’ai plus trop suivi le côté élevage et je me suis concentré sur le sport. Mais ensuite Claire Bresson du Haras de Gravelotte m’a dit qu’elle aime beaucoup le cheval et l’a ajouté à son catalogue. Elle a insisté pour qu’on trouve une solution pour le présenter au salon des étalons, pour que les éleveurs le voient. 

Et c’était une très bonne idée, parce que la piste est petite et pas facile et qu’il s’y est particulièrement bien présenté !

Oui. Dans ma tête, mon rêve, c’est des concours le Saut Hermès, comme les Grands Prix Coupe du Monde, tout ça. Ça serait extraordinaire. Il va adorer faire ça. D’un autre côté, sur un grand terrain comme aujourd’hui, de galoper et de le laisser rebondir en l’air… C’est génial. À 7 ans, je ne vais pas du tout jouer le chronomètre. Peut-être même l’année de 8 ans. Là j’ai fait le barrage en le laissant un petit peu aller, mais je n’ai pas cherché à aller vite. Il ne faut pas sé précipiter. Je laisse continuer à s’amuser. Je pense que c’est l’objectif avec ce cheval. Tant qu’il va s’amuser, il va sauter de plus en plus gros. 

Tu as choisi de croiser Chavez avec Utopie, avec qui tu as remporté Grand Prix 1,60m.

Quand je vais dans un élevage où qu’on essaye de me vendre un étalon en me disant qu’il faut l’utiliser parce qu’il va être un étalon formidable, mais que si je demande à qui ils ont mis leur meilleure jument, on me répond que c’est un autre étalon, ça veut tout dire. Quand vous ne mettez pas votre meilleure jument, ça veut dire que vous n’y croyez pas. Au début, pour Utopie, j’ai demandé des conseils, on m’a proposé des étalons “à la mode”, mais j’ai préféré choisir Chavez. En plus de sa qualité sportive, il y a aussi des performers de niveau 1,50m à 1,60m dans la souche.

Pour plus d’infos sur les conditions de monte :

HARAS DE GRAVELOTTE : Chavez Z

Chavez Z et Stéphane Dufour au Salon des étalons de St Lo. © Xavier Boudon

Photo de couverture de l’article : Chavez Z et Max Thirouin © Sabine Louzier

Elise Megret nous parle de l’étalon Check In

Elise Megret nous parle de l’étalon Check In

Le charismatique Check In a encore fait partie des étalons dont on a beaucoup entendu parler durant le salon des étalons de St Lô. Chaque année, de plus en plus d’éleveurs français lui font confiance et pour leur plus grand plaisir, il est disponible en frais au Haras de Clarbec en 2024 !

Son père, Cordalme Z (Cor de la Bryère x Almé Z), a produit plusieurs chevaux d’1,60m dont Couleur Rubin, Corona 93, Chico 784, Corlanda 24, Cordijana Z… Sa mère, Ilonka (Lord Pezi), a été performante en compétition jusqu’en épreuve 1,45m. Elle a également produit Check Up 3 (1,60m), Checkter (1,55m) et Lavender Brown (1,45m). Sa 3ème mère Ladyliberty, a produit Gibraltar, mère de R-Gitana (JEM de Caen), de Panama 148 (1,60m), de Luis 54 (1,60m) et de Skip Rock (1,55m). Sa lignée maternelle a également donné, entre autres, le célèbre étalon Kashmir Van Schuttershof.

Check In a été performant au plus haut niveau avec la cavalière Samantha McIntosh. Ensemble, ils ont participé aux Jeux Equestres Mondiaux de Tryon et à la finale des Coupes des Nations de Barcelone. Parmi leurs meilleures performances, on peut souligner leur victoire dans la Coupe des Nations du CSIO5* d’Abu Dhabi où ils sont double sans faute et leur victoire dans un GP CSI3* 1,60m à Oliva, mais aussi de nombreux classements à Rome, La Corogne, Gijon, Estoril, Abu Dhabi, Eindhove, Vejer de la Frontera, Bourg-en-Bresse, Chantilly, Eschweiler, Vilamoura…

Il a déjà produit plusieurs chevaux performants sur les plus gros concours dont fischerChelsea (gagnante 1,60m avec Michael Jung) et Che Fantastica (performante 1,60m avec Philipp Weishaupt).

Elise Megret a répondu à nos questions sur Check In.

Depuis combien de temps distribuez-vous Check In ?

Les premiers nés en France, ça doit être les “L”. À ce moment-là, il ne saillissait qu’en congelé. Depuis, d’année en année, il fait de plus en plus de juments. Quand on l’a présenté au salon des étalons pour de sa deuxième année de monte en France, il a été très remarqué. À ce moment-là, il était stationné en Belgique et il a fait une cinquantaine de juments en France. L’année d’après, il a fait une soixantaine de juments et l’année dernière, il en a fait entre soixante-dix et quatre-vingts. C’est vraiment un cheval qui plaît et ses poulains plaisent aussi, puisque, quand les gens y retournent, c’est quand même bon signe.  Samantha McIntosh qui gère le cheval et qui était son ancienne cavalière, nous a contactés pour le mettre chez nous cette année.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de le distribuer en France ?

Il y a beaucoup de choses qu’on aimait bien chez lui. Déjà, sa carrière internationale et sa grande longévité sportive. C’est un cheval qui a arrêté la compétition à 17 ans, mais qui aurait tout à fait pu continuer. Aujourd’hui, quand on le voit aux écuries, on n’a qu’une envie, c’est de lui mettre une selle et de le faire sauter. Il a 21 ans, est en super forme et a des membres de poulains, sans la moindre molette. Il est très sain et, comme tout le monde a pu le voir à St Lô, bouge encore magnifiquement bien. Ensuite, sa génétique, qui était vraiment intéressante. C’est un cheval Oldenbourg avec des courants de sang un petit peu différents de ce qu’on peut trouver habituellement. C’est vrai qu’on a un petit peu tendance en ce moment à tourner en rond autour de quelques étalons. Lui, c’est un Cordalme avec une mère Lord Pezi, c’est plus original. Sa souche maternelle qui est aussi excellente. Il a aussi une super technique de saut et est très souple avec une super locomotion. Et enfin pour ne rien gâcher c’est un reproducteur confirmé qui a déjà produit plusieurs chevaux de niveau 1,60m.

Une question importante pour les éleveurs. De quelle qualité est la semence ?

Très bonne ! ​​Il a été purgé il y a quelques semaines. Généralement, quand ils remontent sur le mannequin et que ça fait un moment, la qualité de la semence est généralement un peu moins bonne. Il faut que ça se remette en route. Là, c’était déjà très, très bon. La semence est exceptionnelle. On remplissait déjà très bien en congelé, mais là, on va avoir en plus du frais et du réfrigéré dans la journée. C’est le top. Quand on distribue un cheval, on est très attaché à la qualité de la semence. On est vraiment très clair avec les éleveurs. S’il y a un petit doute, on le dit.

Maintenant que vous l’avez chez-vous, comment est-il niveau tempérament au quotidien ?

C’est vraiment un cheval hyper facile et gentil. C’est un bonheur au quotidien ! Il est assez drôle parce qu’il a la particularité de bien aimer se rouler un peu partout. C’est un cheval qui a un super tempérament et qui est très facile. Il n’est plus monté. Il est vraiment juste longé et marché. Malheureusement, avec le temps qu’il fait en ce moment, il ne peut pas encore aller au paddock, mais quand il fera un peu meilleur, il va aussi y aller. Il a un tempérament assez exceptionnel, et il est tellement beau que cela ne gâche rien !

Il correspond aussi bien, finalement, pour quelqu’un qui veut produire pour le haut niveau, que pour quelqu’un qui veut se faire plaisir.

Oui. Je pense vraiment qu’il peut correspondre à beaucoup d’éleveurs. Les éleveurs qu’il ont utilisé sont assez unanimes pour dire que ses poulains ont un très bon tempérament aussi. Les premiers produits français sont encore jeunes, ils ne sont pas encore en âge de faire de la compétition, mais en tout cas, ceux qui sont dans leur prés sont vraiment très chics, bien orientés. Ils ont hérité de la locomotion de leur père et sont adorables comme lui.

Toutes les infos et conditions sur : www.harasdeclarbec.com/chevaux/etalons/check-in

Interview – Marie Demonte

Interview – Marie Demonte

Pendant le CSIW-5* de Bordeaux,  Epona du Quesnoy (10 ans par Ogrion des Champs), la jument de Marie Demonte a particulièrement attiré notre attention. Elle était également accompagnée par un autre cheval montrant beaucoup de qualités, Flashing de Riverland (9 ans par Kannan) dans les épreuves intermédiaires. Quelques jours après le concours, Marie Demonte à répondu à nos questions.

Pour commencer, peux-tu nous parler d’Epona, qui nous a fait très forte impression à Bordeaux ?

C’est une jument que j’ai eue dans mes écuries au mois d’octobre de ses six ans. Ça fait maintenant trois ans et demi. Dès que j’ai sauté avec, sincèrement, je suis tombée amoureuse. Elle avait déjà le respect et sa façon de sauter était incroyable. L’année de sept ans, elle s’est coincée dans un box et s’est blessée. Elle avait dû être opérée. À sept ans, elle n’avait fait qu’un concours à Royan au mois de février, puis après, elle a commencé les concours fin août ou début septembre. Elle n’a donc que très peu tourné à sept ans. À 8 ans, elle a suivi les bons chevaux en étant dans des épreuves à 1,40m, puis à 1,45. Elle a fait une année de huit ans formidable, avec une régularité et un nombre de parcours sans faute incroyable.

Quand on regarde ses performances, on voit qu’elle est vraiment tout le temps là.

Oui et depuis toujours. C’est une machine à sans-faute.Je ne fais que dire aux entraîneurs que c’est une jument de Coupe des Nations. C’est une jument qui se bat pour être sans-faute tout le temps. Elle a beaucoup de facilité dans les moyens et le respect. Après, il faut qu’elle prenne encore confiance. Qu’elle ait conscience qu’elle a ces moyens-là. Au début, quand on sautait 1,40m, elle allait deux mètres en l’air. Maintenant, 1,50m, on voit que c’est vraiment facile pour elle. Elle a gagné une 1,55m cette année. L’année dernière, ma jument de tête a été arrêtée au mois de février à Vilamoura. Epona devait donc assumer les qualifications des grands prix et les grands prix. J’ai essayé d’espacer les concours pour ne pas lui tirer sur le physique et elle a une santé de fer. Je pense qu’à 10 ans, elle arrive prête pour le vrai sport. Ça a été un concours de circonstances de sauter à Bordeaux où ce n’était pas prévu. Elle n’avait pas sauté depuis deux mois en concours. Elle était évidemment au travail, mais pas en condition de sport. On voit qu’elle est tout à fait au niveau. En plus, je pense qu’aujourd’hui, quand on a un cheval très respectueux, les concours indoor les freinent un petit peu. Pour une jument d’1,83m, c’est encore un peu plus difficile pour elle de sauter ça dehors que, par exemple, au sunshine tour où je l’ai trouvé très à l’aise sur une grande piste en herbe.

Quand on la voit faire ce niveau d’épreuve comme ça, on se dit que c’est une jument pour les échéances à venir.

Oui et elle est économisée. Elle est 100 % naturelle, elle n’a pas de protège-boulets derrière. C’est une vraie jument de sport. Sincèrement, j’aurai eu un concours 15 jours avant Bordeaux pour la mettre un peu dans le bain du concours, je pense que ce qui lui est arrivé dans le vertical bleu, ça ne serait pas arrivé.

C’est une jument à garder normalement ?

Oui, à garder pour faire du sport. Les propriétaires prennent du plaisir.

À Bordeaux, tu as également emmené Flashing, qui a lui aussi fait un super concours.

C’est un cheval qui a été élevé à Riverland et qui s’est avéré très délicat. À six ans, Flashing n’approchait plus les barres au sol dans la carrière. C’est un cheval extrêmement respectueux. Il a été envoyé chez Benoît Parent qui a un cavalier de concours complet installé vers Dax. Il a été là-bas, pour le débêtir un peu avec des obstacles de cross. Benoît l’a récupéré à sept ans, a fait un travail formidable avec le cheval puisqu’il a concouru jusqu’à 1,35m dans l’année, alors que le cheval ne passait pas une barre au sol. Ce n’était pas méchant, mais il fallait s’en occuper. Il fallait y aller gentiment. L’année dernière, pour son début d’année de huit ans, on décide de l’emmener à Vilamoura. Je ne l’avais jamais monté, mais j’ai dit d’accord, on va y aller gentiment. Donc on a sauté les cinq ans à Vilamoura, il y a un an. Au bout de six semaines, il a sauté deux rankings sans faute là-bas, mais c’était sur la même piste, en confiance. Puis son année de huit ans a démarré ensuite en étant assez formidable. Sur 11 grands prix deux étoiles courues, il est 10 fois sans faute.

Lui aussi semble très régulier !

Pour ça, il est un peu comme Epona, , c’est-à-dire qu’il faut y aller gentiment le premier jour. Il y a encore ce recul, qui en indoor a été plus accentué qu’à Oliva. Ce sont des chevaux à vieillir. Cette année, il se sent encore mieux sur des grandes pistes que sur une piste un peu enfermée.

Ils ont l’air d’arriver bien pour aller sur les concours ensemble, avec Epona dans les grosses épreuves et Flashing qui suit l’autre dans les intermédiaires.

C’est vrai. J’ai Flashing, Forban, Gentleman. J’aimerais qu’ils arrivent un peu à soulager Epona, pour qu’elle ait l’objectif des très gros concours et des grands prix, et que les chevaux à côté, aident à se qualifier ou à sauter les autres épreuves. Flashing, ce n’est pas un cheval de vitesse. C’est un cheval pour sauter des épreuves à barrage et un cheval de Grand Prix. Ils vont reprendre tous les deux sur les deux étoiles de Vejer. On va faire en sorte que la reprise soit facile et agréable. Après, ils nous dirons jusqu’où ils veulent aller.

Avec ce qu’ils ont montré à Bordeaux, cela ouvre une porte pour donner accès un peu à du beau concours ?

Bien sûr ! On sait que l’objectif maintenant, depuis quelques années, pour la fédération, ce sont les championnats pro élite. Ce qui fait qu’on a déjà un objectif à atteindre. Ensuite, les Coupes des Nations vont démarrer à partir du mois de mai. On sait que c’est une année olympique qui donne la priorité aux couples prétendants. Ensuite, nous devons accepter d’aller là où il y a de la place, sur les terrains, où ils ne vont pas aller. On ira un peu là où il y a de la place et avec plaisir pour les lancer gentiment.

Représenter la France en coupe des nations, c’est quelque chose d’important ?

Oui, vraiment. On l’a fait l’année dernière et ça s’est plutôt très bien passé. Je l’avais fait auparavant avec d’autres chevaux. L’objectif n’est pas de faire du Global Tour. On est plus Coupe des Nations que le circuit où il y a de l’argent. C’est comme ça, ce sont des rêves de gamins. J’ai eu la chance d’aller quand même sauter à Aix la Chapelle il y a deux ans. J’espère que, petit à petit, on va pouvoir ramener un piquet de chevaux, les endurcir gentiment et puis les emmener prêts à faire tout ça.

Pour finir, un petit mot sur le fait de monter à Bordeaux, devant ce public ?

C’est un sacré concours ! Ce n’est pas souvent qu’on est devant notre public. Je suis née à Toulouse, j’ai habité avec Olivier 10 ans à Bordeaux, après 10 ans à Barbaste donc, on est du secteur. Je n’ai jamais été trop loin. C’est vrai que ça fait chaud au cœur de sentir tous ces gens qui sont derrière nous. Beaucoup de gens étaient venus me voir. Mes parents ne viennent jamais, parce que j’ai quand même toujours des concours loin. Bordeaux, ça rassemblait tout le monde donc, ça fait chaud au cœur. Et c’est une arène, il y a quand même une ambiance particulière, avec les loges autour. C’est un profil où on est vraiment dans le public.