Des champions olympiques au musée vivant du Cheval
Lorsqu’en 1959, Yves Bienaimé est arrivé aux Grandes Écuries en tant qu’instructeur (avant de devenir le plus jeune écuyer-professeur de France à 25 ans), le cercle hippique qui y résidait était dirigé par André Jousseaume, évoqué plus haut et colonel de son état. À vrai dire, Jousseaume fait partie des légendes olympiques françaises du sport équestre, quatre fois médaillé olympique de dressage entre 1932 et 1952, avec notamment deux médailles individuelles en 1948 (Londres) et en 1952 (Helsinki) avec le cheval légendaire Harpagon. Depuis, la France n’a remporté qu’une seule médaille dans cette discipline, en 1988, avec la regrettée Margit Otto-Crépin.
En 1982, Yves Bienaimé fondait le musée vivant du Cheval et en 1988, il eût l’idée de créer une salle dédiée aux champions olympiques français inaugurée par les médaillés d’or de Montréal, Marcel Rozier, Bruno Roguet, Marcel Rozier et Michel Roche, l’emblématique double Champion Olympique d’Helsinki (1952) et de Tokyo (1964), Pierre Jonquière d’Oriola, ou encore le Champion olympique de Séoul, Pierre Durand (dont une statue de son légendaire Jappeloup avait orné la cour des Remises pendant quelques années avant d’être envoyée au musée Olympique de Lausanne).
Depuis, d’autres champions olympiques ont visité le musée comme Roger-Yves Bost (Rio 2016) qui venait régulièrement avec ses enfants assister aux spectacles de Noël, Pénélope Leprévost (Rio 2016), qui s’est essayée au dressage de haute école avec Sophie Bienaimé, ou Philippe Rozier, champion olympique à Rio également, quarante ans après son père Marcel à Montréal, et qui est intervenu lors de l’édition 2019 des ÉquiÉtudes. Sans oublier l’Allemand Ludger Beeerbaum (Barcelone 1992) ou Alexandra Ledermann (médaille de bronze aux Jeux olympiques d’Atlanta en 1996) qui avait fêté ses 30 ans sous le dôme des Grandes Écuries. Chantilly a également vu naître le Champion olympique d’Athènes (2004), le Brésilien Rodrigo Pessoa dont le père, Nelson, une autre légende du saut d’obstacles, faisait alors écurie commune à Gouvieux avec Janou Tissot-Lefèvre, médaille d’argent par équipes aux Jeux olympiques de Tokyo (1964) et de Mexico (1968).
Cerise sur ce gâteau olympique, Yves Bienaimé, fondateur du musée vivant du Cheval, portera, à 88 ans, la flamme olympique à cheval en juillet prochain.
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