Interview – Titouan Schumacher nous parle d’Illusion

Interview – Titouan Schumacher nous parle d’Illusion

Quelques heures avant de remporter le Grand Prix du CSI4* de Rouen, Titouan Schumacher nous a parlé de son fantastique Illusion. 

Depuis quelques semaines, on voit de plus en plus Illusion sur les beaux concours. Quelle est l’histoire de ce cheval ? 

On l’a depuis maintenant deux ans et demi à peu près. C’est une histoire un peu dingue en fait. Avec un copain, on s’était mis en tête d’acheter un petit cheval à deux pour faire du commerce, tout simplement. J’étais parti en tournée au Portugal et lui avait vu ce cheval là plusieurs fois. Il sautait bien mais était un peu compliqué avec un amateur. Il était un peu spécial. Il est allé l’essayer, il a sauté deux obstacles dans la carrière, il m’a appelé et m’a dit “Il est super.”. Je n’ai pas trop réfléchi et je n’avais pas regardé les résultats du cheval.  J’ai dit “Ok, vas-y, on fait moitié moitié”. On l’a vraiment pas acheté cher.  Le cheval est arrivé, je regarde les résultats du cheval et je vois beaucoup d’éliminations. À ce moment-là, je me demande dans quelle histoire on s’est lancé. Il était très très compliqué au début. Mon ami le montait beaucoup à la maison et moi au concours. Au début, ça lui a valu un nez cassé et un trauma crânien. On est tombé tous les deux facilement cinq ou six fois ! Il n’était pas contre le cavalier, mais dès qu’il avait peur de quelque chose, il avait des réactions démesurées. Au début, je ne pouvais pas aller de l’écurie à la carrière à cheval, on le prenait en main, on descendait.

C’est un cheval hypersensible.

Oui. Au début, en concours, on arrivait au paddock en main, on montait au paddock, puis on redescendait, On entrait sur la piste à pieds et on montait dessus sur la piste. Mais par contre, j’ai jamais eu vraiment de problème sur la piste. À force de patience, il s’est déclenché. 

À ce moment-là, vous l’imaginiez devenir le cheval qu’il est aujourd’hui ? 

Il était sympa, mais non. L’idée, c’était de travailler un petit peu et de le revendre après. Au début, on s’est même dit que pour le revendre avant de faire monter quelqu’un dessus, ça allait être compliqué.

À quel moment est-ce que tu as commencé à te dire qu’il pourrait être mieux que ce que vous pensiez ? 

On l’a emmené assez vite à un concours à Nancy. J’ai engagé 1,35m, 1,40m, 1,45m, alors qu’il n’avait sauté que 1,20m avant qu’on l’achète. Il a fait ça sans faute et vraiment bien. Là on s’est dit qu’on avait peut être un bon cheval.

Ça fait quelques concours qu’on le voit vraiment très sauter sur des belles épreuves. Il donne l’impression de la faire avec beaucoup de facilité et on l’imagine facilement faire encore mieux. 

On verra, il passe des caps. Il saute avec plus de moyens et d’envergure qu’il le faisait au début. Il ne s’inquiète pas du tout, ne force pas et devient très régulier. Un concours où il ne fait pas un classement, ça n’existe plus.

Aujourd’hui, il se retrouve cheval de tête.

Oui, complètement. J’avais Atome à l’époque où on l’a acheté. Six mois après, Atome s’est blessé. J’avais une autre jument qui s’appelait Carera entre deux, qui fait un peu la transition.

Quel est l’objectif maintenant ? 

C’est toujours un cheval qui est “à vendre”. Mais ce n’est plus la même chose. Ce n’est pas pressé. Et si on peut le garder, c’est tant mieux. L’idée, c’est quand même de voir comment il évolue.

Quelles sont ses plus grosses qualités ? 

Le respect et le courage. C’est un guerrier. Il va au feu et il a vraiment tout le respect. 

Quel est ton programme avec lui ? 

Le Grand Prix, cet après-midi, puis il a fini sa saison et il va démarrer mi janvier à Oliva en tournée. En fonction de ça, on verra la suite.

 

Pour finir, peux-tu nous donner quelques nouvelles d’Atome ? 

Il va bien, il est au pré avec les un et deux ans. On a mis beaucoup de temps à le mettre au pré. Au début, au bout d’une heure il en avait marre, il fallait le rentrer. Ça a duré un bon moment comme ça. Puis un jour, je me suis dit qu’on allait le changer un peu d’endroit pour qu’il n’est plus les écuries en tête. On le mettait au paddock à côté des écuries et du coup il voulait vraiment rentrer. On l’a un peu éloigné et maintenant, ça va super.

Interview – Cédric et Barbara Hurel

Interview – Cédric et Barbara Hurel

Le week-end dernier, le couple Cédric Hurel et Fantasio de Floreval a brillé sur la magnifique piste d’Equita Lyon. Ils ont signé deux très belles performances en se classant 6èmes du GP 1,60m du vendredi et 6èmes du GP 1,60m Coupe du Monde du dimanche. Acheté à l’origine pour Barbara, la femme (et groom) de Cédric, l’histoire s’est finalement écrite différemment. Le trio ne se connait aujourd’hui par coeur et les performances sportives sont une belle récompense de tous les choix que Cédric et Barbara ont fait pour donner une vraie chance à ce petit mais si talentueux cheval. 

C’était ta première participation au CSIW-5* de Lyon ?

Cédric : Oui. C’était la première fois à Lyon Coupe du Monde. J’ai toujours eu envie de le faire, mais ce n’est pas facile d’avoir une place. Il y a deux ans, on a fait le Grand National et on a remporté l’étape du Grand National. L’année dernière, j’ai choisi de sauter le 2* parce que mon cheval était légèrement en méforme à ce moment-là. Il fallait sauter un peu plus petit et il a remporté le GP 2*. Cette année, du coup, comme on avait le titre de champion de France, on était sûr de pouvoir participer au 5* et Lyon était programmé depuis plusieurs mois. Et comme à son habitude, Fantasio a été très bon à Lyon. Il adore ce concours, moi aussi, et ça se ressent. 

Comme tu étais certain de pouvoir participer au 5*, tu as organisé ta saison en fonction de cet objectif ? 

Cédric : Après les championnats, on avait visé La Baule. Ça ne s’est pas très bien passé dans le Grand Prix. Après ça, je me suis dit qu’on allait faire notre programme de façon à arriver dans les meilleures conditions pour Equita Lyon.  On a laissé tomber le 5* de Dinard. J’ai préféré faire le 3*étoiles. On a fait plusieurs pauses dans la saison pour pas pour pas tirer trop dessus. Il a fait une pause d’un mois après le 4* de Deauville au mois d’août et on a refait une pause d’un mois après être rentré des deux semaines de Gassin, où d’ailleurs on n’a pas pu sauter le Grand Prix parce qu’il s’était fait un petit bobo à l’œil. Puis on l’a remis en route à Saint-Lô la semaine d’avant Lyon.

En le regardant sauter ce week-end, je l’ai trouvé particulièrement à l’aise sur cette hauteur. 

Cédric : Est-ce qu’on a passé un cap ? Peut-être. En tout cas, on a trouvé deux trois petites ficelles en plus pour que le cheval soit plus à l’aise dans sa locomotion et dans son corps. Du coup, ça lui donne de la sérénité dans son action et plus d’aisance dans les moyens. Dès qu’il fait un peu d’effort, il se contracte un petit peu ou il se recule plus qu’il ne faudrait. Là je pense qu’on a compris quelque chose tous les deux, enfin, tous les trois d’ailleurs avec Barbara aussi.  

En venant à Lyon, tu imaginais faire les performances de ce week-end ? 

Cédric : Honnêtement, je savais pas. Je savais pas. Parce que même si à Saint Lô, ça s’est bien passé, on a fait un petit quatre points dans la 1,50m du vendredi et un petit quatre points dans le Grand Prix. Toute la saison, il n’a pas raté grand-chose dans les Grand Prix, mais c’était des 3 ou 4*. Donc on était dans l’idée de tenter quelque chose, mais sans avoir la certitude que ça fonctionne.

En plus, il a répondu présent dans les 2 Grand Prix ! 

Cédric : Oui. Honnêtement, vendredi soir, après le barrage, je me suis dit “Voilà, ça c’est fait. Super ! Mais va falloir refaire.” Est-ce que c’est un hasard ou pas ? Vendredi soir, il était génialissime. Mais est-ce que c’est arrivé parce que ça devait arriver et que c’était c’était c’était uniquement ce parcours-là à 1,60m ou est-ce qu’on avait passé un cap, je ne savais pas. J’ai essayé de me forcer pour le parcours de dimanche à faire la même chose et ça s’est passé de la même manière. Sauf la dernière ligne évidemment, où je n’avais pas la distance que je voulais sur la spa et où du coup, j’ai refait une foulée de plus pour rentrer dans le double. 

Les performances de ce week-end sont une belle récompense de tout le travail des années passées !

Cédric : C’est une belle récompense du travail, du fait de n’avoir jamais voulu le vendre, mais aussi, après plus de 20 ans en étant spécialisé dans les jeunes chevaux, d’avoir fairt une croix dessus pour se consacrer uniquement aux vieux chevaux. C’est un peu la concrétisation de de toutes les années de travail en essayant toujours de s’améliorer. Pour en arriver là, il a fallu du travail, de la concentration et de la motivation aussi. Parce que ça coûte de prendre la route, d’aller loin, de faire des concours trois, quatre étoiles et puis de temps en temps, un cinq étoiles. Ce n’est pas pareil que des nationaux. Mais ça porte ses fruits. Il faut garder ses idées et aller au bout.

Tu prouves aussi que c’est encore possible, en étant propriétaire de son cheval, en le respectant et sans gros mécènes, d’accéder au haut niveau.  

Cédric : Oui, c’est possible, en effet. Il faut se donner du mal, mais c’est possible.

Qu’elle est belle, cette histoire ! C’est ton cheval, tu as toujours refusé de le vendre et aujourd’hui il est là, classé dans deux Grand Prix 1,60m au CSIW-5* d’Eqyita Lyon. 

Barbara : Il n’y a pas de mot… Même si je l’ai gardé pour nous, je ne pensais pas qu’il arriverait à ce niveau-là. Ils arriveraient tous les deux à ce niveau-là. Plein de monde m’ont fait remarquer qu’ils m’ont vu pleurer le premier jour. Pour la Coupe du monde, je n’ai même pas pleuré parce que ça me semblait tellement irréel… C’est tellement beau. Je n’y croyais pas en fait. Déjà, ce qu’on avait reçu en émotions le vendredi en émotion, c’était tellement beau.

Après le classement de vendredi, tout était déjà gagné pour vous en fait.

Barbara : Exactement. On avait déjà fait notre week end à partir du vendredi. On avait déjà rempli un objectif. Après, on a pris ça pour du plus. 

Après un week-end comme, on a d’autres rêves, d’autres objectifs pour la suite ?

Barbara :On reste toujours dans les mêmes objectifs. Après on ne s’emballe pas. Et encore hier matin on m’a dit que c’étaient les quinze premiers. Que je peux peut-être penser à la finale. Mais l’objectif, ce n’est pas du tout ça. Il donne tellement, il est tellement généreux. Bien sûr, il pourrait le faire. Mais non. Parce que je voudrais qu’il dure dans le temps. On ne va pas lui tirer dessus. On va continuer comme toujours, en priorisant le respect du cheval. Je l’ai monté ce matin en extérieur et il était très très en forme. Le vétérinaire va venir, le checker est fin de semaine, juste pour voir. Ok, tout va bien et je sais que tout va bien. Mais non, on ne va pas changer notre façon de faire et risquer de lui demander trop.

Véronique Lemarchand nous parle de Dairzel Duverie

Véronique Lemarchand nous parle de Dairzel Duverie

Véronique Lemarchand, naisseuse et propriétaire de l’étalon Dairzel Duverie (performant jusqu’en 1,50m avec Alexis Gautier) à répondu à nos questions sur son fils d’Air Jordan Z.

Pourquoi avoir choisi de croiser Gazelle de Lavigne (Persan II) avec Air Jordan Z ? 

J’ai acheté Gazelle de Lavigne sur vidéo, comme poulinière, mais comme elle allait bien. Elle a fait 2 ans de concours où elle a beaucoup gagné en 1,30m / 1,35m. Du coup, on a essayé de faire des transferts. Elle a eu du mal à prendre, mais en changeant d’écurie pour une jeune cavalière, on s’est aperçu qu’était pleine de Diamant. Elle l’a porté et a eu beaucoup de mal à pouliner. On a décidé de retenter les transfert et là, ça a marché. D’abord, une jument par Kannan, puis en allant chez Equitecnic, je suis tombée amoureuse de Air Jordan…et j’ai eu un superbe poulain Dairzel. 

Quand Dairzel Duverie est né, comment trouviez-vous le poulain ? 

Pas comme les autres. Il était très gentil , très intelligent avec un beau look et des points de force….

Comment résumeriez-vous ses années de formation ? Était-il particulièrement prometteur pour vous ? 

À 2 ans, on lui a mis des petits cavalettis et ce fut un “WAHOO” tellement il était démonstratif et hors du commun. On l’a laissé grandir puis il a été chez Jérémie Rolland qui l’a présenté aux 3 ans. Il a été approuvé et a eu des très bonnes notes au testage. Il a fait ses saisons de 4, 5 et début des 6ans chez lui avec de très bons résultats y compris aux finales à Fontainebleau. Son look ne plaisait pas forcément aux juges ….À la mi-saison des 6 ans, on a décidé d’un commun accord de le mettre chez Alexis Gautier qui l’a toujours aimé. Alexis va récupérer sa fille de 6 ans Istarzelle  pour les 7 ans.

Quelles sont, pour vous, ses plus grosses qualités ? 

Il a tous les moyens du monde. Il peut aller très loin mais il est extrêmement sensible et malgré les apparences a beaucoup de sang.

Ces dernières années, il a été performant jusqu’en 1,50m sous la selle d’Alexis Gautier. 

Oui. Cette année il est régulièrement classé en Grand Prix 2*. Il a aussi été classé en 1,50m, encore dimanche dernier dans le GP du Grand National. Ce week-end, il participe aux CSI 4* de St Lô où il été classé dans son 1er GP il y a 2 ans. 

En parallèle de sa carrière sportive, il est également étalon (approuvé SF). Comment sont ses produits ? Est-ce qu’il les marque beaucoup ? Quels sont leurs points forts ? Comment conseillez-vous de le croiser ? 

Il transmet sa force, son respect des barres, son sang et sa réactivité. Attention quand même à ne pas mettre des juments trop petites et trop dans le sang. Il ne fait juste pas toujours de très jolies têtes .

Interview – Sylvie Robert nous parle d’Equita Lyon

Interview – Sylvie Robert nous parle d’Equita Lyon

Equita Lyon fête ses 30 ans cette année. Pour cette occasion, Sylvie Robert, présidente de GL events Equestrian Sport, a répondu à nos questions.

Bonjour Sylvie, merci de prendre le temps de répondre à nos questions. Pour commencer, cette année, Equita Lyon fête ses 30 ans. Quel regard portez-vous sur l’évolution de cet événement au fil des années ? 

Sylvie Robert : Equita Lyon fête effectivement ses 30 ans cette année. Lorsque je regarde le chemin parcouru, je suis avant tout très reconnaissante envers toutes les personnes qui ont rendu possible la progression de cet événement auquel nous sommes toutes et tous très attachés. Equita est avant tout une histoire de famille, celle des passionnés de chevaux et de sport que nous sommes – cavaliers, éleveurs, propriétaires, entraîneurs, grooms, visiteurs, exposants et bien sûr toute l’équipe qui m’entoure. La plupart des acteurs de l’événement sont engagés pour son développement depuis les premières heures. Ensemble, nous avons vécu de magnifiques émotions, fait de belles découvertes et rencontres et nous avons su prendre le temps de bâtir un événement qui pourrait réunir un nombre de plus en plus important de passionnés, pour partager avec eux ces sensations que seul le cheval peut provoquer. Grâce au soutien de nos fidèles partenaires, dont certains sont également présents depuis la première édition du salon en 1995, Equita Lyon a su progresser d’année en année pour prendre la dimension internationale que nous lui connaissons aujourd’hui et depuis 2005. Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont accompagné ce projet, on crut en lui et en nous pour gravir les échelons. Je souhaite que nos regards continuent d’être tournés vers l’avenir comme nous l’avons toujours fait. 30 ans, cela se fête c’est vrai ! Mais il y a encore tant de chose à vivre et à partager !

Vous devez avoir mille souvenirs marquants des toutes ces éditions, mais si vous deviez en citer un ou deux, ça serait lesquels ?

Sylvie Robert : J’ai effectivement de très nombreux souvenirs des éditions passées ! En 30 ans, nous avons eu la chance de vivre de très beaux moments sportifs mais aussi humains. Equita Lyon est un catalyseur d’émotions et chaque édition nous a apporté son lot de grands souvenirs. Il serait donc difficile de ne retenir qu’un. Bien sûr, l’entrée en piste du premier partant de notre première étape Coupe du monde FEI restera gravée dans ma mémoire, tout comme les nombreuses représentations de la Garde Républicaine et du Cirque Gruss lors de nos soirées Sport et Spectacle. Je vibre toujours autant lorsque les chevaux investissent les halls d’Eurexpo et foulent la piste lyonnaise. J’ai hâte, chaque année, de découvrir ce que le sport aura à nous offrir comme belles émotions et cette année, j’ai une fierté particulière à voir évoluer nos médaillés de bronze des Jeux Olympiques, dont le cavalier partenaire du groupe GL events, Olivier Perreau.

Quand vous avez lancé ce projet, imaginiez-vous qu’il deviendrait ce qu’il est aujourd’hui ? 

Sylvie Robert : Lorsque j’ai pris la direction du salon en 1996, il accueillait 500 chevaux et 200 exposants et éleveurs. La première édition du salon, en 1995, avait réuni environ 42 000 visiteurs. Nous avons toujours eu à cœur de faire de ce salon un lieu de rencontres, de découvertes et de partage. En prenant le temps de gravir les échelons étape par étape, nous avons chaque année relevé notre niveau d’exigence, regardé vers l’avenir et questionné nos habitudes pour faire évoluer le salon du cheval de Lyon. C’est aussi grâce au soutien de nos partenaires que nous avons pu, au fil du temps, inscrire Equita Lyon et le Longines Equita Lyon, Concours Hippique International au rang des plus grands événements équestres internationaux. Notre partenariat avec la marque horlogère suisse Longines depuis 2013 a ainsi donné naissance au Longines Equita Lyon, Concours Hippique International. La confiance renouvelée de la Fédération Equestre Internationale, de la Fédération Française d’Equitation et le soutien de l’ensemble de nos partenaires honorent les équipes de GL events Equestrian Sport et nous permettent de faire de ce salon un véritable outil pour participer à faire avancer, tous ensemble la filière équine.

Mais aujourd’hui encore, nous restons tournés vers l’avenir et avons à cœur de faire encore évoluer le salon et les compétitions.

Avec tout ce qui est proposé dans les différents halls et les 11 carrières, on a du mal à imaginer ce qui pourrait se faire de plus ! Avez-vous encore des idées d’évolutions pour l’avenir ? 

Sylvie Robert : Bien sûr ! Et heureusement ! Il est vrai que le salon s’est beaucoup développé ces dernières années. Aujourd’hui il s’étend sur une surface de 140 000m2 couverts, équivalente à 19,5 terrains de football, mais aussi sur toutes les infrastructures extérieures d’Eurexpo où nous installons parkings, boxes et paddocks ! Chaque année, mon équipe et moi-même nous attelons à proposer des nouveautés, des améliorations, des surprises à l’ensemble de nos publics et nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin. Cela est dans notre ADN. Étant tous passionnés par l’animal cheval, nous sommes quotidiennement à l’écoute des acteurs de la filière et sommes engagés pour participer à l’évolution de celle-ci au fil des ans.

Equita Lyon est devenu un événement incontournable, autant pour les amateurs passionnés que pour les professionnels. On connaît la capacité de GL events a organiser des événements sportifs de la plus grande qualité. Mais ici, il y a aussi une vraie dimension “grand public”, qui elle évolue aussi avec les années. Prenez-vous autant de plaisir à travailler sur l’organisation des événements sportifs qu’à travailler sur les spectacles ou sur les nouveautés du côté du salon ? 

Sylvie Robert : Ce qui fait toute la singularité d’Equita c’est de réunir le Longines Equita Lyon, Concours Hippique International, l’Equita Lyon Western Horse Show et le salon du cheval. Pour nous il est important d’offrir une occasion annuelle à tous les passionnés et novices de se réunir pour célébrer le cheval dans toute sa diversité. Nous sommes avant tout des amoureux de cet animal fascinant. Bien sûr, les compétitions de très haut niveau nous offrent chaque année des émotions intenses, mais nous nous réjouissons, avant tout, de réussir à partager notre passion avec le plus grand nombre. C’est pourquoi nous avons par exemple tenu à conserver certaines des épreuves du plus haut niveau mondial en accès libre avec une entrée salon. 

Les Coupes du monde de saut d’obstacles, dressage et attelage attirent toujours beaucoup de public, mais également le Western Horse Show. Qu’est-ce qui vous a donné envie de donner autant de place à cette discipline, qui n’est souvent présente qu’en démonstration, sur les CSI / salons en France. 

Sylvie Robert : Nous accueillons l’étape Coupe du monde FEI de saut d’obstacles depuis 2009, celle de dressage depuis 2010, le FEI Jumping Ponie’s Trophy a fait son entrée à Lyon en 2017 et l’étape Coupe du monde FEI d’Attelage a rejoint notre programme en 2018. Aujourd’hui nous sommes le seul événement réunissant quatre Coupe du monde FEI et nous sommes très reconnaissant de la confiance accordée et renouvelée de la Fédération Equestre Internationale pour l’organisation de ces compétitions du plus haut niveau. Equita Lyon a toujours été pensé pour mettre en lumière le cheval dans toutes ses dimensions et accueillir les passionnés de tous horizons. De ce fait, dès 2009, le salon a également accueilli une compétition internationale de Reining, qui est la discipline phare de l’équitation Western. Au fil des éditions, le pôle western s’est agrandi et les compétitions se sont multipliées. La Coupe d’Europe de Barrel Race s’est notamment installée à Lyon depuis 2010. Quelle que soit la discipline, les compétitions de haut niveau donnent à l’événement sa dimension internationale et permettent de faire rayonner les sports tout autour du globe. Notre volonté est restée la même depuis les premières éditions du salon et nous sommes toujours en quête de progression, qu’il s’agisse du salon ou des compétitions. Depuis l’an dernier, nous sommes fiers d’accueillir, en parallèle du Derby NRHA de Reining, la seule étape qualificative européenne pour The Run For A Million, qui est la compétition de reining la plus dotée au monde. Grâce à une équipe dédiée, l’Equita Lyon Western Horse Show n’a cessé de briller, de plus en plus fort et de plus en plus loin. D’hier à aujourd’hui, nous ne pouvions concevoir Equita sans y accueillir de la meilleure manière les meilleurs athlètes des disciplines western et sans offrir à nos visiteurs l’opportunité de se plonger dans l’univers fascinant de l’équitation américaine.

Au-delà de l’équipe de GL Events, il y a aussi environ 400 bénévoles à participer à Equita Lyon. L’aide de bénévoles est indispensable à la bonne organisation d’un événement de cette taille. 

Sylvie Robert : Chaque année, près de 400 volontaires sont engagés auprès de notre équipe et sans eux, rien ne serait possible. J’ai plaisir à dire et répéter depuis nos débuts qu’Equita est une grande famille. Nous nous retrouvons chaque année avec une joie immense et partageons d’intenses émotions. La plupart d’entre eux sont présents depuis le début de l’aventure. De générations en générations, ces familles offrent leur temps et leur énergie à Equita Lyon et nous leur en sommes très reconnaissants. Ensemble, nous nous mobilisons pour la réussite de l’événement, mais nous sommes aussi très proches tout au long de l’année. Nos volontaires font intégralement partie de la famille et nous partageons aussi souvent les joies et les peines de la vie ensemble. Ce lien familial est une force, un indispensable à mes yeux. Je ne conçois pas la vie autrement.

Tous ceux qui sont déjà venus à Equita Lyon l’ont déjà noté dans leur agenda, mais qu’auriez-vous envie de dire aux autres pour leur donner envie de venir cette année ? 

Sylvie Robert : Qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir, apprendre, vibrer et s’émerveiller ! Nous sommes heureux d’accueillir celles et ceux, passionnés ou curieux, qui souhaitent s’immerger, le temps d’une journée ou d’une semaine, dans l’univers du cheval. Célébrons tous ensemble les 30 ans d’Equita Lyon !

Pour terminer, on ne peut pas conclure sans parler des Jeux Olympiques, qui ont été de l’avis de tous, une grande réussite pour les sports équestres. Après avoir organisé un tel événement, comment se sent-on ? On se dit qu’il va être difficile de faire “mieux” ou est-ce que ça motive encore plus pour les projets à venir ? 

Sylvie Robert : En 2024, les équipes de GL events Equestrian Sport ont effectivement eu la fierté d’assurer l’organisation des épreuves d’équitation aux Jeux Olympiques de Paris, dans le cadre exceptionnel du Château de Versailles. Ce défi sans précédent a été un moteur incroyable pour l’ensemble des équipes qui m’entourent.  Nous avons été honorés du formidable accueil du public de Versailles et des millions de téléspectateurs à travers le monde. Un de mes plus grands souhaits était d’emmener avec nous dans l’aventure, toute la belle famille équestre qui nous entoure depuis 30 ans. Je crois que le pari est réussi. Cerise sur le gâteau, la médaille de bronze par équipe en saut d’obstacles remportée par Olivier Perreau, talentueux cavalier ligérien dont GL events est partenaire depuis 2019 ! Cette réussite, symbolique de notre engagement, témoigne de notre volonté de soutenir le sport équestre à son plus haut niveau.

Bon salon à tous ! Que vive le Sport !

Le site : Equita Lyon

Stéphane Dufour nous parle de Diego de Blondel

Stéphane Dufour nous parle de Diego de Blondel

Il y a quelques jours, l’étalon Diego de Blondel (Vigo Cécé x Dollar dela Pierre) s’est fait remarquer en remportant le Championnat du monde des étalons de 9 ans et plus à Valkenswaard. Stéphane Dufour, son cavalier de toujours (et propriétaire, avec sa femme Elodie), répond à nos questions.

Quel est ton tout premier souvenir de Diego ?

Mon tout premier souvenir, c’est le jour où nous l’avons vu dans le champ avec sa mère porteuse . J’étais très curieux , car j’ai monté sa mère  » Mapierre de Blondel  » et son père  » Vigo Cécé  » en concours, et j’avais particulièrement aimé les deux. Diego avait 2 mois. C’est là que l’histoire a commencé.

Il avait déjà quelque chose en plus comparé aux autres ? 

Il avait déjà des atouts. Après, de là à dire ce qu’il allait faire, c’était trop tôt. Michel (Ruel) voulait que l’on ait ce poulain là. Ses mots ont été :  » Vous en ferez un étalon et il sera « votre » cheval. Nous avons été voir dans le champ et il nous a plu tout de suite.

Tu l’as débourré puis monté dans les épreuves jeunes chevaux. À cette période-là, est-ce qu’il montrait déjà particulièrement de potentiel ? 

Oui. Quand nous avons commencé à le faire sauter en liberté, il nous montrait déjà vraiment des bonnes choses. Des choses qui nous plaisaient vraiment. C’est un cheval qui avait du rayon dans ce qu’il faisait, qui avait des moyens et était très respectueux. Après, nous avions vu qu’il avait besoin d’organiser un peu tout ça. Nous savions que c’était un cheval qui prendrait un peu de temps. C’est pour ça que nous avons été lentement et que nous avons pris le temps de le former. Nous aimons bien prendre le temps de former les jeunes et de leur apprendre leur métier. Celui-ci le demandait et si nous avions été plus vite, ce n’est pas dit qu’il aurait fait ce qu’il fait aujourd’hui. 

Dès cette époque, on a dû vous le demander régulièrement. Mais vous avez pour l’instant fait le choix de ne pas le vendre.

Il y a une histoire particulière autour de ce cheval, un attachement sentimental. La connexion entre lui et nous deux (avec mon épouse Elodie ) est assez singulière. Si nous le vend un jour, parce qu’il peut être à vendre, son bien être sera primordial.

D’ailleurs, on a bien vu que quand vous avez fait le choix de le confier à Nicolas Delmotte, le cheval n’était pas pareil. Il a vraiment un attachement particulier à vous.

Diego était très régulièrement classé et Nicolas lui a fait passer un cap, mais le cheval était triste et Nicolas s’en est rendu compte… 

D’ailleurs, parmi les premiers messages que nous avons reçus sur la route du retour de Valkenswaard, il y avait ceux des grooms de Nicolas Delmotte !

Je pense que Diego a besoin d’avoir une relation très proche avec son cavalier et avec son entourage.

Maintenant, il est régulièrement performant sur 1,50m. On voit que c’est un cheval qui prend du plaisir à faire du concours, qui est en forme et est assez régulier.

Oui. Nous lui faisons plaisir et il nous le rend je pense. Il faut le vivre pour le croire.

Il vous a offert une belle victoire le week-end dernier, dans le Championnat du monde des chevaux de 9 ans et plus à Valkenswaard. Comment avez-vous vécu ce week-end ?

C’était top! L’année dernière, nous avions fait Lanaken et le cheval s’était classé meilleur français. Il nous avait déjà fait plaisir. Cette année, nous avons choisi d’aller plutôt chez Jan Tops et nous étions content parce que je trouve que tout est plus “cheval” là-bas. Ça correspond plus à ce que nous cherchons. En plus, Diego a sauté magnifique ! Je pense que ça correspondait aussi à ce qu’il aime.

En plus d’une victoire individuelle, il faut surtout souligner que c’est la victoire d’un collectif, avec François-Xavier Boudant et Dylan Levallois, avec notre victoire par équipe.

Et tout le groupe France et Selle français a juste été incroyable !

Il a effectivement l’air particulièrement à l’aise sur une piste en herbe comme celle-là.

Oui. Il a un tel galop qu’il se sent bien sur une piste comme ça. Il peut s’exprimer totalement. Il est aussi capable de le faire sur des petites pistes, mais là, c’est le bonheur. Il peut s’exprimer à 100 %. Le dernier parcours, c’était un bonheur.

Quand tu le sens comme ça, tu te dis qu’il a encore une marge de progression ? 

Oui, c’est sûr. Il est encore possible monter les barres, c’est évident. J’aimerais bien d’ailleurs, que justement, la porte soit un peu plus ouverte pour aller sur des plus gros concours. Si nous voulons demander quelques CSI3 ou 4* sur des pistes qui correspondent à notre cheval, on ayant comme moi, qu’un seul cheval de ce niveau, on ne nous ouvre pas les portes. J’aimerais qu’on lui donne un peu plus sa chance. Nous aimerions que le sélectionneur ait envie de lui donner sa chance, de nous envoyer sur une Coupe des Nations de 2ème ligue par exemple.

En parallèle de tout ça, il a aussi une carrière d’étalon.

Oui. Et je pense qu’il va l’avoir encore plus maintenant que les étrangers commencent à s’intéresser à Vigo Cécé, avec la victoire d’un Vigo Cécé à Lanaken et d’autres fils qui sont gagnants en 4 et 5 *. Comme il n’y a plus de paillettes de Vigo, ils se rabattent sur les fils. Donc je pense que Diego va sûrement un peu plus travailler. En plus, il a une souche maternelle où il n’y a pas d’autres étalon et il fait partie des meilleures souches françaises, voire européennes. Je pense vraiment que c’est un cheval intéressant.

Comment tu conseilles de l’utiliser ?

Je sais qu’il va ramener sa locomotion, avec une classe de galop comme lui. Il transmet ça à tous ses poulains. Tous ceux qu’on a vu ont une super locomotion, avec des dos bien tendus et une bonne sortie d’encolure, bien dessiné et bien orienté. Il va donner des moyens et de la force. On peut l’utiliser sur une jument dans le sang, lui, va ramener tout le reste. Je pense qu’il va vraiment bien produire. Il faut juste que les éleveurs lui fassent plus confiance. Nous avons déjà un retour sur sa production , il a déjà un fils approuvé étalon. En plus, la fertilité est top, même en congelé. 

Quelle est la suite de son programme ? 

Il va faire le Grand National de Saint-Lô, parce que nous avons une équipe avec la sellerie West Cheval et que c’est important de faire ce circuit pour représenter nos sponsors. Ensuite, il fera le Grand National de Lyon pour le faire voir à d’autres éleveurs. Après, j’aimerais bien, mais c’est vraiment à voir, je voudrais demander le CSI4* de Rouen.

Interview – Nathan Budd

Interview – Nathan Budd

Quelques jours après le CSI4* de Deauville où il prenait la 8ème place du Grand Prix avec Touardo Blue Z, le cavalier Belge Nathan Budd a répondu à nos questions. 

Mi-août, tu as participé au CSI4* de Deauville avec deux étalons dont on parle de plus en plus : Coldplay des Rosiers et Touardo Blue Z. Peux-tu nous parler d’eux ?  

Coldplay, c’est un étalon de 8 ans qui est né chez nous (au Haras des Rosiers). Je monte quasi depuis le début. Mon cavalier, Paul-Emile Blaton, l’a un petit peu monté à cinq et au début des six ans, puis je l’ai récupéré. C’est un excellent cheval. Je pense qu’il a toutes les qualités dont un cheval de sport a besoin aujourd’hui. Il y a plus ou moins deux ans, on a décidé de mettre un peu plus en avant la partie étalon. Ça fait deux ans d’affilés qu’il est disponible en frais en Belgique, ce qui explique qu’il a été un peu absent des terrains de concours. Il a sauté les 8 ans pendant le 5* de Fontainebleau, puis on l’a arrêté pour qu’il se consacre à la saillie.Il a fait 2 tours à Valkenswaard puis il a sauté au 4* de Deauville. Maintenant, on va essayer de se concentrer un peu plus sur le sport.

À ce niveau-là, ça devient difficile de faire les deux en même temps.

Exactement. C’est un cheval qui a énormément de qualités, énormément de respect, et qui dit ça, dit aussi un peu sensible. Il faut faire les choses correctement. Jje pense que c’est le moment où il faut recommencer à mettre le sport un peu plus en avant. 

C’est un cheval qui a tendance à en faire un peu, voire même beaucoup “trop” parfois. Non ? 

Oui, un peu, c’est ça. Il est un peu excessif dans tout ce qu’il fait. J’ai toujours fait un programme par rapport à mes chevaux, en faisant attention à ce que ce ne soit pas eux qui soient obligés de matcher avec le programme. Maintenant qu’il a fini la saison de monte, on va regarder un petit peu comment il évolue et à quelle vitesse il revient à son niveau avant de pouvoir ressauter de plus grosses épreuves.. 

Il restera disponible en congelé ?

Tout à fait. Le congelé sera toujours disponible. Pour ce qui est frais, je vais devoir regarder un peu avec mon propriétaire ce qu’il veut, mais je pense que, gentiment, ça va être le moment de pouvoir se concentrer un peu plus sur le sport que sur le reste.

Coldplay des Rosiers

Pour l’instant, ton cheval de tête, c’est Touardo. 

Exactement. Il est arrivé chez moi il y a un peu plus de deux ans. Il a fallu le temps que je me mette avec, que je comprenne son fonctionnement. Beaucoup de personnes ont eu tendance à le comparer avec Cashpaid, parce qu’il est aussi étalon, grand, bai… Mais ce sont deux chevaux différents. Il a fallu le temps qu’on se mette ensemble, qu’on se fasse confiance et qu’il rattrape un tout petit peu le retard qu’il avait, parce qu’il avait été un petit peu arrêté avant de venir chez moi. Maintenant, il est en train de revenir vraiment en pleine forme. Déjà l’année passée, il avait fait une bonne saison par rapport à ce qu’on attendait de lui. Mais cette année, je sens qu’il est en train de passer un cap et il nous l’a montré encore dans le Grand Prix de Deauville. C’était un bon grand prix et il est sorti sans faute, assez facile. Il y a encore pas mal de choses à faire évoluer pour le futur, mais c’est un cheval qui va sauter des gros grands prix.

Il a l’air très régulier.

Oui, de plus en plus. Il fait énormément de sans-faute. Quand je ne suis pas sans-faute, c’est parce qu’on manque un peu d’expérience par rapport à ce qu’on lui demande. Il rattrape assez vite ce petit manque d’expérience, et quand c’est acquis, c’est acquis. Sa régularité sur 1,50m / 1,55m est assez impressionnante. C’est un cheval sur qui on va pouvoir compter dans le futur.

Touardo Blue Z

Tu as beaucoup d’étalons dans ton piquet. Ce ne sont pas toujours les plus faciles à gérer au quotidien comme en concours. Tu as une affinité particulière pour le tempérament des étalons ? 

Je ne sais pas. Je ne vais ni dire oui ni dire non. Je travaille avec le Haras des Rosiers depuis plus de 13 ans. On avait toujours dit qu’on allait garder les juments et les étalons. De fil en aiguille, on a eu de plus en plus de très bons étalons. C’est Bernard Demets qui nous a suggéré de mettre un peu plus en avant ces étalons. Chose qu’on a fait, mais on n’a pas décidé qu’on ne faisait que des étalons. C’est juste qu’on a en ce moment plusieurs étalons qui commencent à prendre un peu plus d’âge et qui arrivent au plus haut niveau. 

Ces étalons ont l’air d’avoir plutôt tous un bon caractère.

Oui. On a essayé de bien gérer les choses. J’ai une équipe qui travaille très bien à la maison. La plupart sont nés chez nous, donc on arrive à savoir dès le début lesquels vont pouvoir être gérables et pas gérables. Un cheval qui est trop compliqué au niveau caractère, on ne va pas le garder étalon. Je pense que le travail en amont est bien fait. Comme ils sont au Haras, ils ont l’habitude de voir des juments, des poulains, etc… Ça bouge tout le temps et ils sont habitués à ça. 

Tu es cavalier de concours, mais avec le Haras des Rosiers, tu es aussi plongé dans l’élevage. C’est quelque chose que tu aimes ?

Oui. Le Haras des Rosiers, c’est un élevage qui me tient à cœur. Et de plus en plus, parce que maintenant, j’ai des poulains qui naissent de juments que j’ai montées, où je connais le père, je connais la mère, je connais la famille. C’est assez agréable. C’est des chevaux qu’on voit naître et qu’on fait évoluer jusqu’au niveau. L’atout de ça, c’est qu’une fois qu’on arrive au niveau, on connaît vraiment les chevaux. Ils sont formés à ma façon de faire, donc c’est plus facile par la suite.

H’Aubigny de Talma

Aujourd’hui, tu as un fonctionnement et des chevaux pour aller faire du très haut niveau. C’était un objectif dès le début ?

Je mentirais si je disais que ça n’a pas été mon objectif. J’ai toujours rêvé ça depuis que je suis gamin. Après, est-ce que c’était un rêve ou un objectif ? Je ne sais pas. Mais les choses ont fait que j’ai rencontré mon propriétaire, puis de très bons chevaux qui ont fait que, petit à petit, ça devenait envisageable et possible. Je pense que mon propriétaire m’a suivi dans ce rêve, qui était de pouvoir arriver vers le plus haut niveau. Aujourd’hui, c’est sûr que c’est devenu mon objectif. Après, on n’a jamais “brûlé” un cheval pour le sport. Ça a toujours été et ça restera toujours les chevaux avant le sport. 

Les Jeux Olympiques de Paris viennent de se terminer. Participer aux JO, c’est un rêve ?

Bien sûr ! C’est un rêve. On a vu cette année à Paris un événement qui était plus que réussi, avec une organisation incroyable. Je pense que ça a fait rêver tout le monde. En équitation, mais aussi dans tous les autres sports. Je pense que c’est une mise en avant du sport en règle générale qui est magique. C’est sûr que les jeux restent quelque chose qui fait rêver. Après, c’est beaucoup d’appelés pour peu d’élus. Est-ce que c’est possible d’y arriver ? Je ne sais pas. Mais c’est ce serait mentir de dire qu’on ne rêve pas un jour d’avoir la chance de  pouvoir participer aux JO pour son pays. 

On voit que tu as des chevaux prometteurs dans les jeunes générations aussi. Tu devrais donc pouvoir construire un bon piquet de chevaux pour l’avenir.

J’ai la chance d’avoir mon propriétaire qui élève très, très bien, et donc d’avoir un “stock” de chevaux à ma disposition, avec une qualité de chevaux qui est assez impressionnante.  Il y a beaucoup de travail derrière tout ça. Mais aujourd’hui, on a vraiment une super qualité de chevaux. Après, de bons cavaliers, il y en a beaucoup. Il va falloir essayer d’être encore meilleur et de travailler pour. Mais c’est vrai que j’ai la chance d’avoir un piquet de chevaux qui est encourageant pour la suite. Encore aujourd’hui, j’ai fait sauter des 4 ans ici, à l’entraînement et je vois que j’ai un paquet de bons 4 ans. J’ai quelques bons 5 ans, quelques bons 6 ans. Chaque année, j’ai quelques bons chevaux et c’est encourageant de se dire qu’on travaille tous les jours pour avoir un piquet de chevaux suffisant pour pouvoir essayer de rivaliser au plus au niveau.

Tes chevaux actuels vont pouvoir te servir de locomotive, pour former les autres chevaux pour la suite en allant déjà sur de beaux concours.

Bien sûr, c’est certain. Il y a dans une écurie une ou deux locomotives qui tirent un peu tous les autres. C’est certain que dans notre manière de voir les choses, la formation des jeunes chevaux est importante. Je continue à monter des 4 ans et j’ai un œil sur tous les jeunes chevaux qu’on a, même avec nos autres cavaliers, pour essayer de construire au fur et à mesure et de faire les bons choix. C’est un travail de tous les jours, avec toute une équipe. C’est très important.

Coldplay des Rosiers

D’ici les prochains JO, il y a d’autres beaux événements de prévus. Il y en a déjà que tu as dans un coin de la tête ?

Bien sûr. Les championnats d’Europe c’est un championnat qui est un petit peu plus accessible pour faire ses débuts. Après, on est dans un pays où il y a énormément de bons cavaliers et de bons chevaux. De toute manière, comme j’ai dit, ce sont mes chevaux qui vont me dire ce qu’on est apte à faire ou pas. Je ne vais pas forcer les choses pour une échéance en particulier. C’est sûr que tous les championnats, les coupes des nations et les 5* en général font rêver, mais ce n’est pas si facile de pouvoir y avoir accès. Mais quand on y est, on voit ce que c’est et ça donne envie d’y rester. Avec les chevaux que j’ai, je pense que dans un an ou un an et demi, on devrait pouvoir prétendre à ces concours en y étant plus régulier au niveau de la présence et des performances. Il faut avoir plusieurs chevaux pour pouvoir faire un roulement et donc plus de concours. Qui dit plus de concours, dit plus d’entraînement. Quand on est en 5* tous les week-ends, ça devient un peu plus banal de sauter un GP 5*. Quand on a la chance de la faire une fois de temps en temps, c’est déjà génial, mais on a plus de pression et c’est plus dur pour nous que pour les cavaliers qui le font tout le temps. J’ai déjà eu la chance de rencontrer Sylvie Robert qui m’a donné accès à pas mal de beaux concours. Et ça a à chaque fois été plutôt bien. On continue à faire, pour pouvoir en faire plus et avoir les chevaux qui sont prêts. Je pense qu’on est dans le bon chemin.

Pour terminer, un petit mot sur l’encadrement de l’équipe belge et la possibilité d’accéder à des places sur les beaux concours ?

On est un pays avec énormément de bons cavaliers et de bons chevaux. Maintenant, de ce que je vois, ce n’est pas impossible. Il faut être bon, avoir les bons chevaux au bon moment et essayer de prendre sa place. Aux jeux, quelqu’un comme Gilles Thomas a eu sa chance. C’est un excellent cavalier, avec un excellent cheval, mais mine de rien, c’est un jeune qui a pris la place de certains autres. Il y a des choses qui sont possibles, Ça reste ouvert. Je pense qu’on a de la chance d’avoir deux très bons sélectionneurs, avec qui l’on peut discuter et qui osent donner leur chance à de plus jeunes cavaliers. C’est un atout pour nous. Après, il n’y a pas de miracle. On a sa chance quand on est bon. Donc, avant de demander quoi que ce soit, il faut que les résultats soient là. Quand on fait quelques résultats en 3 et 4*, on peut essayer de les toquer à la porte pour avoir de temps en temps un 5*.